À la Communauté de Communes Saint-Louis Agglomération, la démocratie se vit pleinement dans les projets portés par les jeunes. Tout est parti d’échanges informels autour d’une envie simple : créer un évènement sportif et convivial sur le territoire. Les animatrices ont alors proposé aux jeunes qu’elles accompagnent de concrétiser ce projet, ce qui a immédiatement suscité beaucoup d’enthousiasme.
Ainsi, un groupe de 10 jeunes, des filles et des garçons âgés de 11 à 14 ans, s’est formé pour construire ensemble ce projet futur. Lors des premières rencontres, ils ont partagé leurs idées et fait émerger plusieurs objectifs qui leur tenaient à cœur :
Créer du lien entre les jeunes du territoire
Se retrouver autour d’une pratique sportive conviviale
Sensibiliser le grand public aux discriminations dans le sport, notamment le sexisme et le racisme
Favoriser l’inclusion et l’ouverture à toutes et tous.
À l’issue de ces échanges, le choix des jeunes s’est porté sur l’organisation d’un tournoi de football. Dans une véritable démarche participative, ils et elles ont ensuite présenté eux-mêmes leur projet aux élus de la commune, démontrant leur motivation et leur capacité à le défendre. Depuis, ils et elles sont aux commandes de toute l’organisation de l’évènement : réflexion sur le format du tournoi, communication, partenariats, recherche d’intervenants, etc.
Chaque étape est discutée collectivement lors de réunions de travail durant lesquelles les animatrices se mettent volontairement en retrait pour laisser la place aux prises de parole, aux débats et aux décisions des jeunes. Leur rôle est d’accompagner le groupe en lui donnant des objectifs intermédiaires permettant de rythmer l’avancement du projet. Elles veillent également au cadre règlementaire et doivent parfois modérer leurs idées débordantes !
Un jeune témoigne: « Cette expérience nous apprend à travailler en équipe. Avant, ce n’était pas toujours facile de s’organiser, mais maintenant, on arrive mieux à se répartir les tâches et à expliquer nos idées aux autres. Chacun dit ce qu’il pense et propose ses idées. Des fois on n’est pas d’accord, mais on discute jusqu’à trouver un truc qui convient à tout le monde. »
Cette démarche, inscrite dans le projet éducatif de la Fédération des Foyers Clubs d’Alsace, permet aux jeunes de vivre concrètement l’expérience de la démocratie participative, tout en développant de nombreuses compétences : argumenter, écouter les autres, coopérer, organiser un projet collectif et prendre des responsabilités. «On est fiers parce que, à notre âge, on a réussi à faire un vrai projet. Avec les animatrices, on a tout organisé et on est allés jusqu’au bout, donc c’est cool» confirme l’une des jeunes.
Au-delà du tournoi, c’est donc une véritable expérience humaine que vivent ces jeunes, qui ont hâte d’accueillir les participantes et participants le samedi 13 juin 2026 à Kappelen.
À Osenbach, la démocratie ne se limite pas au vote : elle se construit aussi dans les échanges, les idées partagées et l’engagement de la population. C’est dans cet esprit qu’est né le groupe des Citoyens motivés.
Le projet découle d’une volonté du Conseil municipal d’Osenbach. Dans le cadre du groupe de travail « innovation sociale » de la CTG (Convention Territoriale Globale), animé par Xavier Heslouin, chargé de mission salarié de la Fédération des Foyers-Clubs d’Alsace, le souhait de réfléchir à la création d’un lieu de rencontre et de convivialité dans le village a été exprimé.
Pour Xavier Heslouin, cette idée méritait d’être explorée collectivement. Le Conseil municipal a alors proposé de lancer la réflexion lors de la Journée citoyenne, avec Xavier dans un rôle d’animateur. Une question simple a été posée aux nombreuses personnes présentes : « D’après vous, que faudrait-il, sur notre commune, pour améliorer le mieux vivre / mieux être des ou entre habitants ? ». Plus d’une centaine de personnes présentes ont rédigé 60 idées/propositions réparties en 3 catégories :
Un besoin d’espaces de rencontres.
Des évènements festifs et conviviaux : relancer la« fête de l’escargot », créer un marché de Noël, etc.
Un meilleur aménagement de la voirie.
Afin d’aller plus loin, une nouvelle rencontre a été organisée avec les volontaires pour approfondir ces idées : c’est ainsi qu’est né le groupe des Citoyens motivés
Ce groupe réunit des femmes et des hommes du village, dont Serge Schaffhauser, aujourd’hui président de la MJC d’Osenbach, une association membre de la Fédération des Foyers Clubs d’Alsace. Pour certaines personnes du groupe, il s’agissait là d’un tout premier pas dans l’engagement associatif au sein de leur village.
Ce collectif s’est rattaché à la MJC afin d’avoir un cadre juridique et une meilleure visibilité. Dès le départ, le groupe s’est donné un principe simple : commencer par des actions faciles à mettre en place, peu coûteuses et demandant peu de matériel. Une première soirée jeux a ainsi été organisée… et a rencontré un véritable succès.
Portée par cet accueil, l’équipe bénévole a poursuivi avec d’autres initiatives visant à renforcer les liens entre toutes et tous. Parmi elles, un jeu de piste scénarisé à l’échelle du village, dans lequel les bénévoles tenaient un véritable rôle. L’évènement a été un succès, autant pour le public que pour l’équipe à l’origine de l’organisation.
Aujourd’hui, le groupe des Citoyens motivés rassemble une dizaine de personnes et continue de se développer. Il reste ouvert à toutes celles et ceux qui souhaitent agir pour leur village, partager leurs idées ou s’impliquer ponctuellement dans un projet.
Ici, pas de leader : les idées se proposent, se discutent et se décident collectivement. Dans ce collectif particulièrement enthousiaste, les idées fusent souvent dans tous les sens, portées par l’envie d’agir ensemble. Chacun et chacune peut ainsi passer facilement de l’idée à l’action, grâce à l’énergie et à la dynamique du groupe.
Les perspectives sont nombreuses et les Citoyens motivés souhaitent développer de nouvelles actions solidaires et citoyennes, comme un système de mutualisation de matériel au sein du village, ou encore l’animation d’un Repair Café. Autant d’initiatives qui montrent que la démocratie locale peut aussi s’exprimer à travers des projets concrets, portés par les habitants et les habitantes du village.
La démocratie s’apprend dès le plus jeune âge. Ainsi, une formation « Rendre l’enfant acteur de son accueil de loisirs » sera proposée aux équipes éducatives de la Fédération des Foyers Clubs d’Alsace dans le cadre du programme de formation interne. Celle-ci sera animée par François Jaeckel, responsable du pôle grand public à la Maison de la Nature du Sundgau, afin d’inciter les animateurs et animatrices à la mise en place de pratiques réellement participatives.
François Jaeckel possède une solide expérience de l’encadrement de groupes et continue d’animer un club nature chaque mercredi. Il met en œuvre une pédagogie qui favorise l’autonomie et la responsabilité des enfants et répond à une question: comment faire groupe ?
Donner plus de place aux décisions des plus jeunes est essentiel aujourd’hui et représente un enjeu politique fort. Il s’agit de questionner l’individualisme en permettant aux enfants de prendre une part active dans les décisions les concernant. En apprenant à débattre, à argumenter et à se mettre d’accord sans l’intervention d’un adulte, ils apprennent à faire société. Cela nécessite de la part des animateurs et animatrices de changer leur posture pour accompagner les enfants plutôt que de les diriger.
Dans les accueils de loisirs, François utilise de nombreux outils, dont « le conseil des enfants », un véritable processus démocratique. Ce conseil, présidé par l’adulte lors de sa mise en place, est progressivement coanimé avec les enfants qui, peu à peu, en gèrent totalement le déroulement. Un cahier du conseil permet de garder une trace des décisions et de communiquer celles-ci à l’ensemble de l’équipe.
Cet espace permet de réfléchir collectivement, de faire des suggestions, de prendre des décisions et, si besoin, de régler les conflits. Le rôle de l’erreur est également central dans cette démarche. L’animateur ou l’animatrice garantit la sécurité, mais laisse les enfants expérimenter et apprendre de leurs choix. Se tromper devient alors un moyen d’acquérir de nouvelles compétences.
François insiste : il ne s’agit pas seulement d’outils au service de l’animation, mais d’une posture à adopter. Cela demande aux professionnels de sortir de leur zone de confort et d’aller plus loin dans leurs pratiques. L’objectif est de tendre vers une autogestion progressive du groupe et de donner une véritable voix aux enfants. « Être animateur, c’est avoir un rôle politique», rappelle-t-il.
Pour Audrey Chauvet, coordinatrice du secteur enfance, cette formation répond à un constat : la volonté de mettre l’enfant en situation d’acteur est inscrite dans de nombreux projets pédagogiques, mais force est de constater que l’enfant est souvent, certes associé, mais pas assez engagé dans un processus décisionnel. L’enjeu est de mettre nos jeunes usagers réellement au cœur des décisions par le biais d’actions concrètes, d’autant plus que les accueils du mercredi et des vacances scolaires permettent la mise en œuvre de ce type d’intention éducative.
Cette démarche s’inscrit pleinement dans le projet de la Fédération des Foyers Clubs d’Alsace, dont la démocratie est l’une des valeurs socle. Apprendre à écouter, débattre et décider dès l’enfance, c’est préparer la relève citoyenne.
Dans le cadre de la Convention Territoriale Globale (CTG), nouveau dispositif CAF de développement de projets de territoire, la FDFC Alsace anime le projet social de la Communauté de Communes « Pays de Rouffach, Vignobles et Châteaux » dans un objectif de « mieux vivre ensemble ». Le diagnostic mené auprès de la population met en évidence une réalité forte : les personnes retraitées sont très représentées sur le territoire, et plusieurs d’entre elles rencontrent des situations d’isolement, notamment liées aux difficultés de mobilité.
Pour répondre à cet enjeu, un groupe de travail réunissant le chargé de coopération CTG, la CeA (Collectivité européenne d’Alsace) ainsi que des professionnels et acteurs associatifs, a fait émerger une action concrète : la création d’un Transport Solidaire.
L’objectif est simple : proposer, grâce à des conducteurs et conductrices bénévoles, des trajets permettant aux séniors d’accéder facilement aux services essentiels, faire leurs courses, chercher leurs médicaments, ou profiter de la chaleur d’un salon de thé. Une première phase de communication a permis de mobiliser six bénévoles avec lesquels un planning de passage a été élaboré.
Le service, lancé en mars 2025, a toutefois reçu peu de sollicitations. Il a alors évolué vers un fonctionnement à la demande, mais les appels restent très occasionnels.
Plusieurs freins ont été identifiés : des personnes âgées qui demandent rarement de l’aide, par habitude ou par réserve, des difficultés physiques pour monter dans le véhicule, un périmètre volontairement restreint pour ne pas concurrencer les taxis, et une communication qui doit encore gagner en visibilité.
Lorsque l’unique assistante maternelle de Geishouse a annoncé cesser son activité, c’est toute une organisation familiale qui s’est retrouvée fragilisée. Face à cette situation, les parents n’ont pas hésité : unis au sein de l’Association des Parents d’Élèves (APE), ils ont choisi de créer eux-mêmes une garderie pour maintenir l’équilibre de la vie du village. Ainsi, à la rentrée 2025, 24 élèves de la petite école du village ont découvert ce nouveau service né d’un formidable élan collectif. Menacée l’an dernier par une fermeture de classe, l’école tient aujourd’hui grâce à la mobilisation de parents décidés à préserver ce lieu d’apprentissage et de vie.
Une aventure collective accompagnée par la Fédération des Foyers Clubs
En dénonçant la convention avec la Communauté de communes, le conseil municipal a pris la décision courageuse de soutenir l’APE dans la création d’une garderie associative. L’APE a été accompagnée dans sa démarche par la Fédération des Foyers Clubs d’Alsace, qui a apporté son expertise en matière d’accueils collectifs de mineurs et de gestion associative.
Grâce à ce soutien, elle a pu recruter une animatrice en CDI, assurant ainsi un accueil stable et de qualité pour les enfants. La Fédération a également soutenu l’association dans la mise en place d’un cadre conforme à la réglementation, garantissant que chaque enfant bénéficie d’un environnement sûr, stimulant et convivial.
Un service déjà indispensable pour les familles
Les parents ont choisi de s’organiser ensemble, animés par l’envie de soutenir les familles du village, notamment celles récemment installées et dépourvues d’entraide familiale à proximité. Sur les 24 élèves qui fréquentent l’école cette année, quatorze sont inscrits au périscolaire, signe que l’initiative répond à un réel besoin. En attendant la mise en place d’un partenariat avec un traiteur de Moosch, chaque parent contribue à sa manière en fournissant des lunch-box à son ou ses enfants, ou en venant en renfort dans l’encadrement du groupe, témoignant encore une fois de cet esprit de coopération.
L’initiative de l’APE dépasse la seule question de la garde d’enfants : elle illustre la capacité d’un village à se mobiliser pour préserver ses services, soutenir ses familles et maintenir vivante son école. À Geishouse, le périscolaire va bien au-delà d’un simple service : il témoigne de ce qu’une communauté solidaire peut accomplir ensemble.
Le projet d’inclusion de la FDFC répond à des besoins exprimés par les équipes des accueils périscolaires qui souhaitaient être davantage soutenues pour accueillir les enfants ayant des besoins particuliers.
En réponse à cette demande, le comité directeur a décidé en 2020 d’engager une démarche volontariste pour permettre aux personnels d’accueillir tous les enfants de manière sereine et adaptée. Cette démarche, soutenue par la CAF du Haut-Rhin, s’est développée progressivement : formations, échanges de pratiques, réflexion sur les gestes professionnels, création d’outils simples et réutilisables, chacune des étapes étant pilotée par une salariée dédiée au projet. Cela a permis aux équipes de gagner en confiance, de partager leurs expériences et de ne plus aborder seules les situations qui les mettent en difficulté. C’est dans cette dynamique qu’ont été mises en place les équipes mobiles, un renfort précieux pour les structures.
La solidarité au sein des équipes : les équipes mobiles
Les équipes mobiles sont composées de personnes sensibilisées et formées aux enjeux de l’inclusion. Elles apportent un appui concret : elles observent, conseillent, proposent des adaptations et aident à trouver des solutions pratiques. Leur présence est rassurante, soutenante, et elle permet d’aborder des situations particulières avec plus de sérénité. Ce dispositif participe à renforcer la solidarité au sein des équipes : chacun et chacune peuvent désormais s’appuyer sur l’expérience de l’autre pour garantir un accueil de qualité.
La solidarité au sein des groupes d’enfants : le vivre-ensemble.
La solidarité se développe aussi entre les enfants. Grâce aux outils et aux adaptations mis en place, les groupes apprennent à coopérer différemment. Certains expliquent une règle, d’autres modifient un jeu pour le rendre plus accessible, d’autres encore s’entraident spontanément dans les activités. Ces gestes simples montrent que, lorsque l’environnement est pensé pour inclure tout le monde, les enfants développent naturellement des attitudes d’entraide et de soutien.
Aujourd’hui, l’inclusion est devenue un levier concret pour améliorer la qualité de nos accueils. Elle renforce l’entraide et le partage entre adultes, facilite la compréhension des situations particulières et encourage la camaraderie. Cette démarche, profite donc à l’ensemble des enfants, contribue à des accueils plus sereins et adaptés aux plus jeunes et participe à renforcer les solidarités à tous les niveaux.
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